COGITO, ERGO SUM !

01 mai 2011

asljp@wanadoo.fr

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10 juillet 2007

ANNUAIRE

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23 juin 2007

LA VIE AUX COLONIES !

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16 juin 2007

ESPOIR

La mort a encore de beaux jours devant elle.

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VOYAGE AU MEXIQUE

L’infirmière entre dans la chambre. Dorothée, la vieille pensionnaire est tout excitée.

Elle tient une lettre qu’elle connaît par coeur. Sur le lit, une petite valise abîmée de laquelle dépassent quelques vêtements.

L’INFIRMIERE

Retournez dans votre lit. C’est l’heure de la piqûre.

DOROTHEE (lisant)

« Te rappelles tu ?

Nous étions passés en une nuit de Mexico à Acapulco transportés par un bus cahotant et suffoquant. Nous riions. Nous pensions ne jamais arriver. Nous nous promettions de visiter la planète jusque dans ses moindres recoins. Je veux revivre avec toi ce rêve lointain ».

L’INFIRMIERE (sarcastique)

C’est au Mexique que vous allez cette fois ?

DOROTHEE

Il a répondu à ma lettre. Il n’a rien oublié. Il s’occupe de tout. Il vient me chercher, samedi.

L’INFIRMIERE

Allongez vous.

DOROTHEE

Je dois finir de préparer ma valise. Il vient me chercher. Je vais enfin quitter cet endroit que je déteste, cette prison.

L’INFIRMIERE

Ailleurs vous seriez déjà morte. On prend soin de vous ici.

DOROTHEE

Tout est triste, moche. Depuis des années, toujours la même couleur, les mêmes odeurs.

Je ne sais plus ce que sentent les fleurs, la terre mouillée, les arbres, les eucalyptus.

Toujours les mêmes bruits. Je veux entendre le vent, les vagues, les cailloux qui tombent.

Je veux partir, partir, partir !

L’INFIRMIERE

Vous ne partirez jamais, vous le savez bien.

DOROTHEE (reprenant sa lecture)

« Je garde dans un écrin le souvenir de ces heures éblouissantes. Je me souviens de ta peau et de tes mots, de la belle flamme dans tes yeux et de tes silences ; de tes murmures et de tes soupirs qui me guidaient sur le chemin de ton plaisir. Nous avons embarqué sur le navire fragile des émotions pour aborder quelque part, aux rivages de l’âme ».

L’INFIRMIERE

Vieille cochonne !

DOROTHEE

Il était jongleur, vous savez. Le plus grand ! Il a été applaudi par la terre entière.

L’INFIRMIERE (Elle prend la valise et la jette au loin)

Allongez vous, je n’ai pas de temps à perdre. Vous n’êtes pas seule ici. Je termine mon service dans une demie heure. J’ai une vraie vie moi !

DOROTHEE

« Tiens toi prête. Surtout n’oublie pas ta petite robe en soie bleue, celle dont j’étais jaloux car elle épousait ton corps adoré mieux que mes mains n’auraient jamais su le faire.

J’arriverai samedi, à onze heures précises. Si tu… »

L’INFIRMIERE (lui arrache la lettre, la froisse et la jette dans la corbeille)

Ca suffit vieille folle.

DOROTHEE

Samedi, à onze heures précises. Je suis si heureuse de revivre ce voyage.

L’INFIRMIERE (l’allonge de force et la pique au bras)

Le voilà votre voyage. Votre Mexique il est ici.

DOROTHEE

Samedi à onze heures précises… à onze heures précises… samedi…

(Elle s’endort)

L’INFIRMIERE

J’t’en foutrais du Mexique ! Où est ce qu’elles vont chercher tout ça ces cinglées ?

Ca fait vingt ans qu’elle nous bassine avec son Mexique !

FIN

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NON MERCI

CYRANO DE BERGERAC (Acte II – Scène VIII)

Et que faudrait-il faire ?

Chercher un protecteur puissant, prendre un patron,

Et comme un lierre obscur qui circonvient un tronc

Et s’en fait un tuteur en lui léchant l’écorce,

Grimper par ruse au lieu de s’élever par force ?

Non, merci. Dédier, comme tous ils le font,

Des vers aux financiers ? Se changer en bouffons

Dans l’esprit vil de voir, aux lèvres d’un ministre

Naître un sourire, enfin, qui ne soit pas sinistre ?

Non, merci. Déjeuner, chaque jour, d’un crapaud ?

Avoir un ventre usé par la marche ? Une peau

Qui plus vite, à l’endroit des genoux devient sale ?

Exécuter des tours de souplesse dorsale ?

Non, merci. D’une main flatter la chèvre au cou

Cependant que, de l’autre, on arrose le chou,

Et, donneur de séné par désir de rhubarbe,

Avoir son encensoir toujours dans quelque barbe ?

Non, merci. Se pousser de giron en giron,

Devenir un petit grand homme dans un rond,

Et naviguer, avec des madrigaux pour rames,

Et dans ses voiles des soupirs de vieilles dames ?

Non, merci. Chez le bon éditeur de Sercy

Faire éditer ses vers en payant ? Non, merci.

S’aller faire nommer papes par les conciles

Que dans des cabarets tiennent des imbéciles ?

Non, merci. Travailler à se construire un nom

Sur un sonnet, au lieu d’en faire d’autres ? Non,

Merci. Ne découvrir du talent qu’aux mazettes ?

Etre terrorisé par de vagues gazettes,

Et se dire sans cesse : « Oh ! pourvu que je sois

Dans les petits papiers du Mercure François ? »

Non, merci. Calculer, avoir peur, être blême,

Aimer mieux faire une visite qu’un poème,

Rédiger des placets, se faire présenter ?

Non, merci ! non, merci ! non, merci ! Mais… chanter,

Rêver, rire, passer, être seul, être libre,

Avoir l’œil qui regarde bien, la voix qui vibre,

Mettre, quand il vous plaît, son feutre de travers,

Pour un oui, pour un non, se battre, - ou faire un vers !

Travailler sans souci de gloire ou de fortune,

A tel voyage, auquel on pense, dans la lune !

N’écrire jamais rien qui de soi ne sortît,

Et, modeste d’ailleurs, se dire : mon petit,

Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles,

Si c’est dans ton jardin à toi que tu les cueilles !

Puis, s’il advient d’un peu triompher, par hasard,

Ne pas être obligé d’en rien rendre à César,

Vis-à-vis de soi même en garder le mérite,

Bref, dédaignant d’être le lierre parasite,

Lors même qu’on est pas le chêne ou le tilleul,

Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul !

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15 juin 2007

HISTOIRE DE REGIME

Introduction au Traité sur l’élevage des vers à soie dans le Nord de la Mandchourie

du sud-est, pendant la deuxième moitié du XVIIIeme siècle.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, rappelons brièvement que cet immense état fut longtemps troublé par des guerres intestines, ravagé huit fois au cours de  son histoire par les envahisseurs venus de l’Occident, puis divisé au début du siècle dernier afin d’assouvir la soif de conquête et de puissance des dirigeants chinois.

Des fouilles récemment effectuées par la professeur Janine Alassion, présidente de la SMURF (Société Monégasque des Usagers de Raquettes Finlandaises), fondatrice du CHMOL (Comité Honorifique des Meilleurs Oracles du Lot), chef de mission, chargée des recherches préhistoriques au muséum d’histoire naturelle de Jouy-sur-Yvette, dont le dernier ouvrage, unanimement salué par la critique scientifique internationale, édité en 365 langues, a permis de faire remonter l’histoire de la Mandchourie à un lointain passé.

Ces fouilles ont mis à jour des textes dont l’authenticité ne fait aucun doute. Ils ont révélé des traces certaines de civilisation attestant de l’existence de ce pays et de son haut niveau de culture dès le 69eme siècle avant notre ère.

Ces textes aisément déchiffrés en soixante douze heures par madame Janine Alassion, inventeuse de la lecture en diagonale des écritures anciennes, nous apprennent, par exemple, qu’à cette époque les habitants ne portaient pour tout vêtement qu’une feuille de vigne, bleue ou rose suivant leur sexe. L’atmosphère étant loin d’être aussi pure qu’elle l’est aujourd’hui, ces feuilles posées devant la bouche à laquelle elles adhéraient par des filaments légumineux, servaient à protéger ces créatures fragiles d’une invasion bactériologique, en faisant fonction de filtre.

Seuls deux exemplaires – un de chaque couleur -  de cet incroyable phénomène de la nature ont été retrouvés. Ils sont précieusement conservés au domicile parisien de Janine, dans le tiroir gauche de sa table de nuit.

L’élite actuelle de la communauté archéologique est sidérée par les connaissances de ce peuple dont l’origine se perd dans la nuit des temps.

Leur système politique sophistiqué s’appuyait sur deux pouvoirs distincts :

le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif.

Le premier était représenté par un « président de la république » - traduction littérale – élu pour cinq ans au suffrage universel à deux tours.

Le second était constitué par deux assemblées, « l’assemblée nationale » et « le sénat ».

Ces organismes étaient chargés d’assister le président dans sa lourde tâche et, au besoin, de limiter ses pouvoirs lors de crises importantes.

Selon madame Alassion, ce régime issu du peuple et voulu par lui était nommé :

« régime présidentiel ».

Son éminent confrère le professeur Boutentrain, vice doyen de la faculté, universellement reconnu, donne une interprétation contraire considérant qu’il s’agissait plutôt d’une « autocratie à visage démocratique ».

Dans l’état actuel de nos découvertes, nous n’avons pas de documents nous permettant de trancher.

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A LA MANIERE DU XVIIIe

Extraits des mémoires de Justine de Q. (1732 - 1850)

Chère, très chère amie,

Comment vous dépeindre le dégoût que j’ai eu de moi même, cette horreur profonde de tout mon être qui me saisit lorsque notre bonne amie commune Glandine de B., qui me fit au jour d’avant hier l’honneur de sa visite, me rapporta vos paroles exprimant le ressentiment que vous nourrissez à mon égard, car je vous ai, lui avez-vous dit, trop longtemps négligé. Elle sut trouver les mots (vous connaissez sa délicatesse et son âme charitable !) mais, sans qu’il lui fut nécessaire d’insister davantage, je compris aussitôt la cruauté de mon comportement.

Vous vous demandez ce que je fis alors, chère et tendre amie.

Eh bien, sachez, qu’au risque de perdre, au hasard d’une rencontre malveillante, la fleur précieuse destinée à mon futur époux (le jeune, beau et fortuné vicomte de Lapine), je quittai sur le champ ma vaste demeure et  courus par une nuit sans lune, échevelée, livide, au milieu des ruelles sombres et nauséabondes, pour trouver, prêts à accueillir une pauvre et immonde pécheresse, l’une des maisons de Notre Seigneur et l’un de ses serviteurs, afin de lui confesser ce terrible outrage que seule une intervention auprès du Tout Puissant pouvait effacer.

Hélas ! Devinant à mon visage blême la noirceur et l’abjection de mon âme, tous ces saints hommes m’interdire de franchir le seuil de leur demeure sacrée car je risquais, me dirent-ils avec compassion, de la profaner pour l’éternité.

Au bout d’une nuit d’errance, l’un d’eux m’accueillit enfin dans une modeste chapelle dédiée à la bienheureuse vierge Marie, dans les bas-fonds de notre capitale.

J’ai oublié quels mots sortis de ma bouche impure, surent le convaincre, mais ce brave homme, ému par ma faiblesse et mon désarroi, consentit à me confesser.

Il m’écouta les larmes aux yeux (je vous assure que vous-même, malgré la profonde connaissance que vous avez de l’âme humaine et de ses turpitudes les plus infâmes, en eussiez pleuré).

Pour pénitence, il me demanda, avec la plus grande déférence, de lui accorder derrière le petit autel joliment décoré, cette fleur précieuse dont je vous ai parlé et, après s’être abreuvé avec gourmandise à mon hymen défaillant, il me flagella le con six cent soixante six fois pendant que je lui lisais à haute voix le verset de Saint Luc (Livre 2 – Chap. XII) dans lequel Jésus de Nazareth, le fils de Notre Seigneur, recommande aux pharisiennes de mauvaise vie de toujours préférer  lever les jambes plutôt que de  baisser les bras ( il ne me souviens plus des mots justes, mais c’était là le fond de sa pensée).

Voilà, mon amie, comment j’expiais mon ignoble faute et, après la bénédiction du ciel, je n’attends plus que votre pardon.

Votre amie fidèle et dévouée,

Justine de Q.

P.S. Je reçois à l’instant un courrier du jeune vicomte de Lapine. Il me fait savoir qu’il rompt l’engagement qu’il avait pris de m’épouser au printemps.

Notre bonne amie Glandine de B. l’aura informé de ma conduite méprisable car  je lui en ai fait le récit ce matin même et, pour m’éviter une vie entière de repentir après mon acte sacrilège derrière le petit autel joliment décoré, elle a accepté de se sacrifier en lui accordant sa blanche main, pour le consoler.

Comme je la comprends ! Comme elle est bonne ! (Vous connaissez sa délicatesse et son âme charitable !).

Je bénis le ciel de l’avoir pour amie car, sur ses pieux conseils, je gagne dès demain le carmel de Sainte Ribaude (en Aquitaine, sur les terres de mon grand-oncle, le chevalier de Longuecuisse) où je vais me retirer ma vie durant pour remercier chaque jour le Seigneur de son infinie mansuétude.

Hélas ! Je ne connaîtrai jamais les douceurs de l’amour des hommes !

Quel châtiment cruel ! Mais je le trouve bien doux au regard de la faute que j’ai commise.

Bien à vous

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CAFARD

Nouvelle « insecticide »

Lorsqu’elle entra dans la chambre sombre, elle reconnut aussitôt l’odeur caractéristique de l’acide sulfhydrique et en éprouva une immense joie. Elle appuya sur l’interrupteur.

Le spectacle qui s’offrit à sa vue était l’aboutissement de la longue bataille qu’elle menait depuis son arrivée dans cette maison.

Ils gisaient dans tous les coins, couchés sur le dos, sur le ventre, sur le côté droit, sur le côté gauche.

Elle en voyaient tant qu’elle était sûre de les avoir  exterminés jusqu’au dernier.

Certains avaient gardé les yeux ouverts. Ils semblaient la fixer par en dessous pour lui reprocher cet affreux carnage.

Cela lui était égal. Désormais elle vivrait en paix.

D’autres, ceux qui avaient eu le temps de fermer les paupières, reposaient nonchalamment.

Quelques uns, qui s’étaient éloignés rapidement de l’orifice mortel, commençaient à ressentir les effets du terrible gaz.

Ils respiraient avec difficulté implorant du regard la main charitable qui saurait abréger leurs souffrances.

Elle ne se fit pas prier.

Son soulier gauche en main, elle leur asséna de toutes ses forces des coups lestes et vigoureux sur le sommet du crâne. Leurs yeux ronds jaillissaient des orbites et s’envolaient dans l’air lourd de la pièce close, tandis que, transportée par un bonheur ineffable, elle entendait les craquements libérateurs de leurs corps visqueux.

Tel un ouragan violent et invisible naît de ses entrailles, les flots de son rire saccadé engloutirent le silence, submergeant les clameurs lointaines de la ville noire.

Puis, rassérénée, elle se plut à contempler son œuvre, satisfaite et ravie d’avoir suivi les conseils de sa cousine.

A présent, le plus important était de se débarrasser de ces milliers de carapaces disloquées.

La meilleure solution serait de les ramasser une par une et de les faire croquer par Victor, le chat angora.

Ainsi, il n’en subsisterait aucune trace. Cette tache longue et fastidieuse la rebutait avant même qu’elle ne fût commencée.

Elle envisagea un moyen plus rapide. Elle commencerait par enlever le plus gros.

Ensuite, suivant un plan d’action minutieusement réfléchi, elle examinerait chaque recoin de la pièce et du mobilier susceptible de dissimuler un cadavre. Cela lui prendrait au moins la nuit entière mais elle était décidée à en finir une fois pour toutes.

Elle alla chercher dans la cave un long clou de fer, un marteau et des caisses en bois blanc de la taille d’une boite à chaussures.

Comme autrefois les ramasseurs de feuilles mortes dans les jardins publics, elle piquait les corps mutilés en leur milieu, les soulevait au dessus du cercueil posé à ses pieds et les faisait tomber en leur assénant le coup de grâce.

Deux heures plus tard, elle remplaça la caisse remplie à ras bord par une caisse vide.

Elle avait heureusement prévu une réserve car elle s’acharna à ce labeur dix heures durant.

Lorsqu’elle s’affaissa en sueur sur la méridienne, elle entendit sonner six heures.

La cloche se l’église Saint-Christophe annonçait joyeusement une lumineuse journée d’été.

Après avoir hermétiquement fermé les cinq boites en sapin, elle les avaient empilées puis réunies en un seul colis.

En fin de matinée elle le confierait au vieux facteur qui, avec un bon pourboire, se chargerait de l’expédier afin qu’il disparaisse à jamais.

Confortablement allongée sur son canapé, elle savourait un délicieux cocktail de sa composition en écoutant, rêveuse, un duo de « Béatrice et Bénédict. »

Elle appréciait la chaleur et le confort de son nouveau logis enfin délivré de ces immondes créatures depuis trois semaines.

Son terrible combat contre ces sournois ennemis était terminé. Elle se félicitait chaque jour de son éclatante victoire.

La grande fenêtre du salon ouverte sur le jardin, laissait pénétrer le parfum nocturne des camélias multicolores.

La musique l’enveloppait. Les voix chaudes des deux interprètes, suspendues dans l’air embaumé, effleuraient son âme détendue.

D’étranges sensations la traversaient. Des frissons délicats, des picotements sur ses jambes.

Elle ferma les yeux, ouvrit voluptueusement son peignoir de soie mauve.

Une jeune blatte velue remontait lentement le long de sa cuisse gauche.

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